Le deuil blanc : pleurer quelqu'un qui est encore là

Comment faire le deuil d'une personne qui est toujours vivante ?
C'est ce qu'on appelle le « deuil blanc ». Il touche notamment les proches de personnes atteintes de maladies neurodégénératives, comme Alzheimer, ou dont les capacités cognitives et la personnalité se transforment profondément.
La personne est là, physiquement présente, mais elle n'est plus tout à fait celle que nous avons connue. Les conversations, les gestes de tendresse, les souvenirs partagés, la complicité d'autrefois deviennent parfois impossibles.
C'est un deuil étrange, souvent invisible, et d'autant plus difficile à reconnaître que personne n'est mort.
On peut éprouver une immense tristesse, de la colère, de la culpabilité, parfois même souhaiter que tout cela s'arrête… puis s'en vouloir terriblement d'avoir eu cette pensée.
Une véritable traversée
Ce deuil est aussi particulier parce qu'il se renouvelle à chaque perte, à chaque changement, sans que l'on sache ce que demain apportera.
Se faire accompagner permet de mettre des mots sur cette expérience, de comprendre ses émotions contradictoires, de trouver un espace où déposer son épuisement, ses peurs, son chagrin, sans jugement.
C'est aussi apprendre à prendre soin de soi, à préserver ce qui peut encore être partagé, à inventer d'autres manières d'être en relation.
Car accompagner une personne qui s'efface peu à peu ne devrait pas signifier s'oublier soi-même.





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